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J’ai longtemps envié ma copine Julie quand elle me racontait son quotidien de freelance.

Après l’avortement de mon propre freelancing, je ne comprenais pas pourquoi mon amie se plaignait, elle qui avait cette chance d’être graphiste freelance !

(…Alors que la mention « numéro de Siret en cours d’attribution » sur le peu de factures que j’ai pu faire me rappelait à quel point mon propre projet d’indépendance était déjà mort avant d’être né.)

 

De nombreux graphistes vous le diront : la vie de freelance, ce n’est pas magenta tous les jours… Alors, en écoutant Julie me raconter ses doutes, ses peurs, ses coups de gueule et ses angoisses, je pensais : « Après tout, c’est normal de galérer un peu, ça fait partie du job ! »…

Mais à y regarder de plus près : son quotidien de graphiste indépendante ne ressemblait en rien au freelancing dont elle avait rêvé.

 

 

Les raisons qui l’avaient motivée à se lancer en freelance

 

  • Elle pensait qu’elle serait libre d’organiser son temps. Pas d’horaire, le rêve ! Julie n’a jamais été du matin, alors se lever tôt pour arriver à l’heure à l’agence après s’être tapé les bouchons, c’était hors de question !
  • D’ailleurs, l’indépendance incarnait aussi la liberté de pouvoir travailler n’importe où : elle se voyait déjà faire le tour du monde !
  • Elle croyait qu’elle pourrait choisir ses clients, ceux qui estimeraient son travail à sa juste valeur. Parce qu’être graphiste, ce n’est pas être « juste une main qui tient un crayon » !
  • Elle pensait aussi que cela lui permettrait de sélectionner les projets dans lesquels elle désirait s’investir. En agence, il avait été compliqué pour elle de valoriser des marques et des entreprises sans éthique, alors qu’elle avait tellement besoin de donner du sens à ses actions (je la comprends, je suis comme elle !)…

 

La réalité de son freelancing

 

  • Elle n’avait plus de temps pour elle ! Ça paraît dingue, mais quand elle avait une mission, elle avait un rythme de folie, et quand elle n’en avait pas, elle était tellement dans l’attente et dans le stress de trouver un nouveau client qu’elle n’arrivait même pas à profiter de son répit ! Heureusement, comme bon nombre de gens débordés, elle trouvait tout de même le temps de me raconter ses malheurs pendant des heures ;-) (Julie, si tu me lis : j’te charie ! ! <3)
  • Évanoui le rêve de tour du monde : finalement elle travaillait de chez elle la plupart du temps, et parfois dans un espace de coworking pas très loin… Elle ne subissait plus les bouchons, c’était déjà ça !
  • Elle aurait bien aimé pouvoir choisir ses clients et ses projets… oui, elle aurait aimé… mais dans les faits, elle ne pouvait quand même pas refuser une mission ! Parce que vivre aux crochets de son copain, ce n’est pas son truc, et il fallait bien payer le loyer…

Je pourrais continuer pendant des heures à te raconter tout ce qu’elle-même me racontait pendant des heures. Mais je t’épargne les moments de stress en mode « Faut que je me trouve un CDI, parce que là, ce n’est plus possible, je n’y arriverais jamais ! » ou les moments de révolte dans le genre « P….n, à quoi ça sert d’avoir fait toutes ces études pour être constamment en galère de thunes ! » … sinon on va finir en pyjama pilou-pilou avec un pot de glace Ben & Jerry’s comme aux USA.

 

Une chose est sûre : elle était bien loin du freelancing dont elle rêvait.

C’était frustrant. C’était épuisant.

 

Au fil des années, j’ai arrêté de penser que c’était normal. J’ai aussi arrêté d’envier Julie.

 

Et contre toute attente, c’est dans ma propre expérience (moi qui avait complètement foiré mon freelancing !) que j’ai trouvé les pistes pour aider Julie.

 

 

Pour réussir en freelance, il faut… être sa propre agence (et porter plusieurs casquettes !)

 

Il se trouve simplement que, pendant que Julie ramait et s’épuisait dans son freelancing, j’étais quant à moi devenue directrice artistique et responsable du studio graphique d’une petite agence iséroise. Si petite (2 à 5 permanents) que mon poste était naturellement hyper polyvalent. C’était un peu comme être mi-indépendant / mi-agence ;-)

 

Ainsi, pendant 12 ans, j’ai pratiqué et expérimenté en agence qu’il est possible :

  • d’avoir un flux de clients continu si on ne cantonne pas la prospection aux moments où on manque de contrats
  • de pratiquer des tarifs cohérents avec la valeur de son travail. (Je le crie haut et fort : baisser les prix n’est pas la solution !)
  • de dire NON, de dire STOP, et que parfois même le client “aime ça” ! Je sais que ça peut paraître bizarre dit comme ça, mais crois-moi, cela permet de donner une nouvelle dimension à une collaboration qui semble toxique … ou d’y mettre fin si elle l’est vraiment ! Et dans les deux cas, c’est positif !
  • d’avoir du temps pour soi tout en tenant les délais : pendant ces 12 années en agence, je n’ai pas fait une seule nocturne, même pendant les surcharges de travail… Et mieux que ça : tous les jours à 16h30 j’étais devant l’école pour récupérer mes enfants (oui, je finissais à 16h15, en agence ! ! ! ! incroyable, mais vrai.)
  • et des tonnes d’autres choses ignorées de la plupart des freelances, tu t’en doutes.

 

C’est comme ça que j’ai compris qu’être un bon graphiste ne suffit pas (Julie est d’ailleurs une très bonne graphiste !). Qu’être freelance, c’est comme être sa propre micro-agence. Qu’être freelance, c’est aussi avoir plusieurs métiers en un.

 

Et que tout ça, nous ne l’avions pas appris lors de nos études de graphisme… Mais qu’il suffisait de transposer ce qui fonctionnait pour moi en agence dans le freelancing de Julie !

 

Nos conversations sont devenues de plus en plus constructives et positives. Et son état d’esprit a complètement changé depuis qu’elle a compris qu’il est POSSIBLE d’avoir la vie de freelance dont elle a toujours rêvé ! (et crois-moi : elle est sur la bonne voie !)

 

 

Graphistes, illustrateurs, photographes, webdesigners, motion designers, typographes,… 

 

Parce que le parcours de Julie ressemble à celui de nombreux graphistes et autres professionnels de la communication qui ont décidé d’exercer en indépendant, j’ai créé un groupe facebook d’entraide et de soutien… C’est bien connu, ensemble on est plus forts !
Si toi aussi tu veux faire partie de cette merveilleuse communauté, il te suffit de demander à rejoindre le groupe en cliquant ici… Et surtout de bien répondre aux 3 questions d’entrée ! #GroupeSelect

— Que disent les membres à propos du groupe —

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