Je crois sincèrement que les idées les plus créatives sont souvent collaboratives : l’un·e va avoir une graine d’idée, l’autre va la faire germer quand d’autres la planteront, l’arroseront et lui offriront un environnement propice à son bon développement…

 

Cet article est donc… participatif ! 

Tu y trouveras plusieurs témoignages de créas freelances — plusieurs d’entre eux sont mes clients et tous sont membres de mon groupe facebook d’entraide entre créa freelances. 

Si je t’en parle, c’est que ces valeurs de partage et de soutien bienveillant sont justement le moteur de cette communauté facebook. Si ça te tente, tu es le·a bienvenu·e !

 

❎ En revanche, cet article n’est pas… exhaustif

En matière de créativité, il n’y a pas de limite ; à chacun de trouver les astuces qui lui conviennent. Toujours dans cet esprit collaboratif, je t’invite à enrichir cet article en partageant en commentaires ce qui fonctionne pour toi :-)

 

Un grand merci à tous !

IDÉE #1

Lâcher l’affaire

Ça peut paraître paradoxal, mais : pour bien faire, mieux vaut parfois lâcher l’affaire… et c’est notamment vrai quand on cherche coûte que coûte de nouvelles idées pour un projet !

 

Lâcher l’affaire permet surtout de lâcher… la pression. 

Et c’est la règle numéro 1 pour laisser venir les idées ! 

 

La pression, ça a du bon — je sais que certains préfèrent travailler dans l’urgence —, l’adrénaline est un puissant carburant et l’urgence a ce merveilleux pouvoir de faire taire le perfectionnisme : quand on est pressé, on ne peut plus se permettre de tergiverser pendant des heures. Le mode #ActionRéaction prend le relai !

 

Cependant, quand il s’agit de trouver des idées, la pression, et plus généralement le stress, sont tes pires ennemis. Physiologiquement parlant, le stress n’est pas copain-copain avec la créativité. 

 

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Concrètement, et pour faire simple : le cerveau est composé de plusieurs zones ayant chacune des fonctions précises.

Schéma du cerveau interne

Au ”centre” du cerveau, on trouve les fonctions émotionnelles et instinctives. Le cerveau reptilien (tronc cérébral et cervelet) contrôle les fonctions automatiques vitales et motrices, comme la respiration, le mouvement et la digestion par exemple. Le cerveau reptilien gère aussi la réaction en cas de stress : l’attaque, l’immobilisation, la fuite, en coordination avec la partie lymbique du cerveau, qui est le siège des émotions.

Les fonctions intellectuelles et créatives se trouvent, elles, “plus en surface”, dans le cortex cérébral. C’est lui qui intervient lors des processus mentaux complexes (hémisphère gauche pour ce qui touche au raisonnement logique et hémisphère droit pour ce qui touche à l’imagination et à la créativité). 

En situation de stress, le cerveau passe en mode “survie”. Et pour ça, il “déconnecte”, en quelque sorte, les fonctions intellectuelles et créatives. Le cerveau reptilien prend le contrôle, seul aux commandes : attaque, immobilisation, fuite.

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Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’en cas de pic de stress, on est physiologiquement incapable de raisonner et de créer car l’accès aux fonctions intellectuelles et créatives du cortex cérébral est “désactivé”. (La faute à nos ancêtres préhistoriques : quand un ours attaquait, ce n’était pas le moment de penser au kama sutra ni aux dessins à faire pour redécorer la grotte !)

 

Tu vois maintenant pourquoi, pour avoir accès à toute ta créativité, tu dois absolument lâcher la pression !

 

OK d’accord, mais quand t’es hyper stressé·e parce que tu dois présenter un projet créatif et que ta créativité s’est fait la malle…  “lâcher l’affaire”, c’est bien gentil ! #PlusFacileÀDireQuÀFaire

 

Eh bien figure-toi que ce n’est pas si compliqué en fait… il faut surtout se l’autoriser. 

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"Ce n'est pas prêt ? Bah ce n'est pas prêt !"

J’essaie de ne pas me mettre la pression : Ce n’est pas prêt ? Bah ce n’est pas prêt !
À quoi bon forcer, ça se verra et le résultat ne sera pas quali. Donc je passe à autre chose si c’est faisable, sinon : sortir, en parler avec d’autres ça aide aussi.

Raphaëlle Roux, graphiste-monteuse-illustratrice-webdesigneuse
sweetberry.fr

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"L’éclair de génie vient souvent quand « j’abandonne » !"

L’éclair de génie vient souvent quand « j’abandonne » : que j’arrête de m’accrocher à mes idées, de forcer, d’essayer à tout prix. Lâcher prise sur le truc, mobiliser son cerveau et ses émotions sur totalement autre chose, me permet d’y revenir plus tard avec un regard complètement différent. Bref, quand je suis face au mur, je fais complètement autre chose : courir, me promener, ou prendre une douche — c’est pas très écolo, mais t’imagines pas le nombre de bonnes idées qui me viennent en restant sous la douche ! ! !

Linda Laffourcade, graphiste-ergonome
www.lila-disseny.com

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"Coûte que coûte, ça part aujourd’hui !"

Je vais me promener, j’ouvre un bouquin… Et au final, quand j’ai bien aéré mes neurones, je m’y colle en disant  « coûte que coûte, ça part aujourd’hui ».

Béatrice Baulard, graphiste-rêveuse professionnelle
brindazar.fr

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"Je fais totalement autre chose !"

Dans ces cas-là, où je tourne en rond, où je me mets une telle pression que je suis paralysée devant mon ordi ou mon carnet, je me dis que je dois me changer les idées. Je fais donc totalement autre chose ! Par exemple, m’occuper de mon chez-moi, sortir prendre l’air, faire du sport.

Céline Mareschal, Directrice artistique enthousiaste
celinemareschal.com

C’est culturel : les “pauses” sont mal vues dans nos sociétés occidentales, et pourtant c’est fou comme elles sont efficaces !

D’ailleurs, il y a un autre super moyen, encore plus radical, pour lâcher la pression…

IDÉE #2

Dormir

Alors, oui, je reconnais que quand t’as une deadline à respecter pour pondre un projet pour lequel tu n’as pas encore trouvé la moindre substance créative… dormir n’est pas la première idée qui te vient — et ce, même si tu tombes de fatigue !

 

Pourtant, c’est une excellente solution particulièrement indiquée dans ces cas-là !

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"Je m’endors en réfléchissant au problème"

Perso lorsque ça m’arrive, je tente de chasser l’objectif, de l’enlever de ma tête pour au moins une bonne journée. En gros, “pause”, “reset”, puis la nuit suivante je m’endors en réfléchissant au problème. En général, je suis débloquée le matin suivant 😉

Tilia Patois, Directrice artistique 
identitybytilia.artibulles.com

Pour faire simple, voici ce qu’il se passe quand tu dors :

  • Tu t’apaises, ton stress diminue (sommeil léger)

“Le taux de cortisol — l’hormone du stress — diminue. La fréquence cardiaque et la pression artérielle baissent.” (source : Ça m’intéresse)

  • Tes neurones se synchronisent (sommeil profond)

“Lorsque nous dormons, notre cerveau conserve une activité électrique soutenue, mais différente. Le paroxysme est atteint en sommeil profond, avec des ondes très amples et lentes. Il s’agit des ondes Delta. L’amplitude de ces ondes Delta indique que les neurones sont très fortement synchronisés pendant le sommeil profond.” (source : Dreem)

  • Ta créativité est stimulée (sommeil paradoxal)

“Sous nos paupières closes, nos yeux bougent en tous sens, alors que le reste de notre corps est inerte, comme paralysé. A contrario, le rythme respiratoire et le pouls augmentent. Un électro-encéphalogramme révélerait d’ailleurs que notre activité cérébrale est à son comble. Aussi intensément, voire plus, que pendant l’éveil. Et pourtant… Nous dormons ! […] Certaines études montrent aussi que c’est lui [le sommeil paradoxal, NDLR] qui stimule la créativité.” (source : Ça m’intéresse)

 

Et c’est ainsi que tu te réveilles avec la solution à ton problème et une idée de génie pour ton projet !

Sans compter que, tout simplement, il arrive que ton cerveau soit juste “trop fatigué” pour réfléchir et on sait bien que trouver des idées est énergivore… alors hop, c’est le bon moment pour recharger les batteries et permettre ainsi à ton cerveau d’avoir les ressources nécessaires pour faire naître de belles idées !

IDÉE #3

Faire confiance aux hormones

Si tu as la chance d’être une femme ( !), cyclique de surcroît (c’est à dire non ménopausée et sans contraception hormonale), tu as gagné le gros lot ! Ton cycle est un véritable atout pour ta créativité grâce aux merveilleuses hormones qui travaillent pour toi. Tu disposes grâce, à elles, de quatre phases, dont deux particulièrement propices à la créativité… n’est-ce pas formidable !

 

Alors quand tu es en panne créative sèche, il se peut juste que tu ne sois pas dans la bonne phase… #Déculpabilisation 

La bonne nouvelle, c’est que les phases s’alternent, et que celle qui suivra sera favorable à ta créativité. 

 

Une fois que tu as bien compris le fonctionnement de ton cycle, que tu sais repérer les différentes phases et que tu as compris les avantages de chacune d’elles, tu peux facilement optimiser ton planning pour réserver tes sessions créatives aux phases les plus adaptées… et garder l’administratif et les RDV clients pour les autres phases, qui seront d‘ailleurs bien plus appropriées.

Gaëlle Baldassari est experte sur le sujet. Elle est venue nous expliquer en live le lien entre cycle et créativité puis elle a répondu aux questions des créa freelances de mon groupe facebook. Elle explique tout ça bien mieux que moi !

 

Pour apprivoiser ton cycle et ainsi profiter des atouts qu’il t’offre, je te recommande chaudement le programme Kiffe ton cycle de Gaëlle Baldassari. Tu y apprendras à repérer les différentes phases de ton cycle et à en profiter au mieux… Il deviendra vite ton meilleur allié aussi bien dans ta vie perso que dans ta vie pro !

 

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"Quand j'ai 10 000 idées à la minute, je sais que je rentre dans cette phase de mon cycle"

Depuis que je sais qu’il existe une période de mon cycle où je suis plus créative, je suis beaucoup plus dans l’observation de ce qui se passe en moi. Du coup, quand je commence à avoir 10 000 idées à la minute sur n’importe quel sujet (et pas seulement pour les logos de mes clients), alors je sais que je rentre dans cette phase de mon cycle et je note toutes mes idées dans ma todoliste ou dans mes tableaux Trello. Et quand je me sens inspirée pour concrétiser une de mes idées plus tard, tout est déjà là.

Laurence Hubert, Graphiste
laurence-hubert.com

IDÉE #4

Faire de la gym créative

De la gym créative ? ! 

Oui : brainstormer, favoriser l’association d’idées, et surtout ne pas te censurer !

 

Utiliser tes 5 sens rend d’ailleurs l’exercice encore plus puissant ! 

Oublie donc l’ordi, sors tes plus beaux feutres et de grandes pages blanches et mets-toi en mouvement !

Réfléchis à haute voix, déplace-toi, tourne autour de ton support…

Dessine de petits pictos pour imager tes idées, écris en différentes couleurs pour relier tes idées…

 

J’aime les cartes mentales pour ça ! Elles aident à investir l’espace autrement que les habituelles listes : tu pars du centre avec le thème et tu déroules ta réflexion dans le sens des aiguilles d’une montre, en ajoutant autant de “branches” que nécessaire, en multipliant les couleurs et les pictos, et en poursuivant finalement le fil de tes idées. 

La carte mentale encourage l’association d’idées et la réflexion en arborescence. Nos idées sont interconnectées, c’est comme ça que fonctionne notre cerveau (une idée en entraine une autre), la carte mentale te permet donc de poursuivre ce mécanisme hors de ta tête !

Pour aller plus loin si le sujet des cartes mentales t’intéresse, regarde cette vidéo de Magali du blog merrygraph.com !
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"Je laisse partir dans tous les sens en mode Brainstorming"

Quand je bloque parce que j’ai trop d’idées qui n’ont pas de sens, alors je laisse partir dans tous les sens, et je fais le tri après (mode brainstorming, quoi !). Laisser couler, laisser exploser, sans aucun jugement sans aucune bride sans aucune contrainte. Et après quand j’ai bien « vidé » tout ce qui venait, je reprends calmement et je classe, je trie, j’organise.

Linda Laffourcade, graphiste-ergonome
www.lila-disseny.com

Mais attention ! 

La critique est complètement anticréative ! ! 

C’est pour ça que, lors de tes sessions de gym créatives, tu dois t’obliger à accueillir chaque idée sans jugement, ni en bien ni en mal. Laisse couler tes idées : l’erreur serait justement de trop t’attacher à tes premières idées ou au contraire de les rejeter trop tôt. Laisse-toi plutôt le temps d’y revenir plus tard. 

D’autant que même les pires idées servent toujours à quelque chose : ne serait-ce que de tremplin pour en trouver d’autres. Considère cette explosion d’idées en vrac comme une véritable “matière” intellectuelle, un terreau pour trouver plein d’idées toutes plus créatives les unes que les autres !

IDÉE #5

S’autoriser une idée simple

Les idées les plus simples sont parfois les meilleures ! 

 

Sauf que ton cerveau, lui, est programmé pour chercher la complexité… en réponse aussi aux aprioris et croyances limitantes tels que : 

  • si c’est trop simple, le client va se dire qu’il aurait pu le faire lui-même”, 
  • il faut qu’il en ait pour son argent”, 
  • cette idée je l’ai trouvée d’un coup, en quelques minutes, c’est forcément trop simple”, 
  • il faut que je cherche encore, cette idée est canon mais je l’ai trouvée en même pas une heure alors que j’ai vendu 2 jours !

 

Et que toi, la société t’a appris que complexité vaut plus que simplicité :

La simplicité, c’est facile. 

Et ce qui est facile est à la portée de tous. 

Et ce qui est à la portée de tous est bon marché.

 

Voilà, c’est ce cheminement qui opère en tâche de fond. 

Du coup, “faire plus” et “chercher compliqué” c’est un réflexe courant pour justifier sa légitimité (et ses prix !). Un grand classique ! 

Et ça fait partie des stratégies habituelles en réponse au syndrome de l’imposteur… Ouch ! Ça pique ! ! (…j’ai dit un truc qu’il ne fallait pas ? !) 

On appelle ça le surinvestissement.

 

Mais tu vois, le problème, c’est qu’à trop vouloir faire “compliqué”, on bloque le processus créatif.

Toujours cette histoire de pression ! ! ! En cherchant l’idée du siècle, tu mets la barre très très très haute… Résultat : tu retombes directe dans le cas du stress paralysant (cf. point n°1)

 

Alors je te propose une bien meilleure stratégie : autorise-toi à avoir des idées toutes simples ! Libre à toi ensuite de les approfondir et de les enrichir (sans faire de la surenchère pour autant, hein !)

 

Tu sauras que c’est gagné le jour où tu te sentiras suffisamment légitime pour assumer pleinement une idée vraiment simple, même si elle t’est venue en 2 secondes sur un coin de table. 

Ce jour-là, tu seras grand·e et tu assumeras pleinement ton talent… mais en attendant, commence déjà par te l’autoriser !

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"Mes premières idées spontanées sont souvent celles qui sont choisies"

J’avais tendance à croire qu’il faut en baver pour arriver à faire un bon logo, j’entendais cette petite voix qui disait « peut mieux faire ». Mais j’ai pris conscience que l’expert c’est moi et que mon travail sera réussi quoi qu’il arrive.
J’ai appris à présenter ma / mes propositions de logo beaucoup plus tôt dans mon processus créatif pour inclure mes clients dans la réflexion. Résultat, beaucoup sont déjà satisfaits de ma proposition à ce stade (preuve que je n’avais pas besoin d’en faire trop), et ça me permet d’être beaucoup plus efficace dans la phase d’approfondissement s’il y en a une. Et le mieux dans tout ça, c’est que mes premières idées spontanées sont souvent celles qui sont choisies.
Viser la simplicité ne s’applique pas seulement à une proposition de logo, ça s’applique aussi au processus créatif.

Laurence Hubert, Graphiste
laurence-hubert.com

IDÉE #6

Se mettre des contraintes

Contrairement aux idées reçues, la contrainte peut être déclencheuse d’idées… on appelle ça la contrainte libératoire ou la contrainte volontaire.

 

Ça te semble peut-être contre-productif : le rêve de tout créa n’est-il pas justement d’avoir carte blanche ? !… Ce Saint-Graal qui porte en lui la confiance absolue de ton client et la promesse d’une merveilleuse liberté créative !

 

Et pourtant, en s’insérant dans le processus créatif, la contrainte devient un moteur et un stimulant de dingue !

 « Parce que la forme est contraignante, l’idée jaillit plus intense ! »

Charles Baudelaire

Quand on parle de contraintes au service de la créativité, l’exemple qui me vient toujours en tête, c’est le livre de Georges Perec, La Disparition, pour lequel il s’est mis comme contrainte créative d’écrire son roman (plus de 300 pages, quand même ! !) sans utiliser la lettre la plus courante de notre langue. Sur les plus de 360 000 lettres qui composent le livre, pas un seul E ! ! 😱

Ça parait complètement fou, voire impossible… et pourtant !
C’est là qu’on voit que la contrainte est un facteur très efficace pour déclencher le processus de création.

 

Tu peux donc en faire tout autant en essayant d’aborder tes projets avec des contraintes choisies : sous tel ou tel angle, avec tel ou tel regard… et profiter des contraintes de tes clients (budget, délai…) pour favoriser ta créativité !  #GratitudeInfiniePourLesCahiersDesCharges 

 

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"En m’imposant une contrainte, je m’oblige à l’envisager différemment"

Quand j’ai une idée, j’ai tendance à focaliser, pour finir par tourner en rond sur le même truc qui ne marche pas, encore et encore. Alors je change de perspective en prenant le sujet par un autre bout : en m’imposant une contrainte, je m’oblige à l’envisager différemment.

Linda Laffourcade, graphiste-ergonome
www.lila-disseny.com

En graphisme, ça peut se traduire par l’utilisation d’une grille ou d’un système modulaire : à la fois guides pour l’équilibre et l’harmonie de la création, ces éléments structurels sont aussi des “contraintes” structurelles qui favorisent la créativité.

Un autre exemple pourrait être de se limiter à un nombre de couleurs réduit ou de choisir un format atypique. 

Ou encore d’utiliser d’une technique artistique particulière : le découpage-collage, la linogravure, le photomontage…

Libre à toi d’être créatif dans le choix de tes contraintes ! ^^
Le top du top étant bien sûr quand la contrainte choisie vient renforcer le sens du message véhiculé :-)

 

IDÉE #7

Voyager

Voyager, c’est s’ouvrir à l’inconnu.

Et l’ouverture vers l’inconnu fait justement partie intégrante du mécanisme créatif.
En te sortant du cadre classique de ta pensée et de ses chemins tout tracés qui te maintiennent dans le réel et le rationnel — et finalement, brident ton imaginaire —, le voyage développe ta créativité.

« Voyager est un exercice aux conséquences fatales pour les préjugés, l’intolérance et l’étroitesse de l’esprit. »

— Mark Twain —

Les grands voyages à l’autre bout du monde te permettent de faire le plein de nouveautés : nouvelles sensations, nouvelles cultures, nouvelles couleurs… qui t’aideront ensuite à avoir de… nouvelles idées ! #LaBoucleEstBouclée

 

Mais à défaut de partir explorer de lointains horizons, ta créativité peut se nourrir de tout dépaysement, même le chalet de tata Simone en Haute-Savoie peut faire l’affaire !    

Bien sûr, c’est encore plus efficace quand tu débarques dans un endroit complètement inconnu, au milieu d’une culture complètement différente de la tienne, à entendre une langue dont tu ne comprends pas le moindre mot… Mais ce qui compte avant tout pour booster ta créativité, c’est de changer de décor et de quotidien. 

Un seul mot d’ordre : t’imprégner !

 

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"Juste observer et ressentir"

Ce qui marche particulièrement pour moi : sortir prendre l’air ! 

Pour moi, la nature “créative” => arbres et ruisseaux. L’énergie des arbres, mais aussi leur forme et leur mouvement — il y a plein de détails différents et du mouvement. Pareil pour le ruisseau : le bruit permet la déconnexion et la relaxation, et l’eau est toujours en mouvement donc toujours différente. Le bord de mer, c’est très bien aussi pour les mêmes raisons : l’effet relaxant + l’aspect créatif, comme le sable que je peux manipuler et voir des formes, etc. 

Je pense que l’idée c’est de déconnecter mon cerveau du sujet + calmer les esprits en prenant l’air (en centre-ville, pour moi, ça ne marche pas trop) + me laisser inspirer par des choses naturelles, mais sans focaliser sur ce que je cherche : juste observer et ressentir.

Linda Laffourcade, graphiste-ergonome
www.lila-disseny.com

Tu peux aussi voyager depuis ton bureau : internet est une merveilleuse porte ouverte sur le monde !

Parcourir la toile et laisser vadrouiller ton esprit en piochant des idées à droite à gauche, c’est aussi une forme de voyage qui nourrit ta créativité.

 

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"Je vais à la Fnac au rayon voyage, photo, graphisme"

Je vais à la Fnac au rayon voyage, photo, graphisme, ou dans une super librairie spécialisée en graphisme vers les quais de Jemmapes à Paris. Et lorsque c’est le GROS rush et que je n’en ai pas les moyens d’un point de vue délai, je vais sur Pinterest et sur Insta. Je sors tous mes bouquins sur le graphisme que j’ai de dispo à la maison, ou quelques magazines.

Agathe Di Rosa, graphic designer
www.missclafoutis.fr

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"Parfois une image vient débloquer la situation"

Avoir cette panne sèche d’inspiration est un peu la pire chose quand on est créative, LE truc qu’on redoute le plus… Ce que je peux faire dans ce cas, c’est faire de la veille créative et parfois une image vue m’amène dans une réflexion qui vient débloquer la situation !

Céline Mareschal, Directrice artistique enthousiaste
celinemareschal.com

IDÉE #8

Papoter

Parler, c’est extérioriser.

Tant que ta réflexion reste intériorisée, elle se prive de toute la créativité qui naît de l’extériorisation. Le but n’est pas d’attendre des autres qu’ils trouvent les idées à ta place, non, non ! Mais le fait est que, verbaliser — à l’oral, mais ça fonctionne aussi à l’écrit d’ailleurs ! — oblige ton cerveau à rendre ta pensée intelligible pour autrui, et finalement pour toi-même aussi.

Ton cerveau crée ainsi de nouvelles connexions qui amènent de nouvelles idées.

 

Je ne sais pas si tu l’as déjà constaté, mais parfois le fait d’exprimer tout haut la problématique fait immédiatement apparaître des solutions qui restaient invisibles tant que tu restais dans une réflexion intérieure. 

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"Je trouve des nouveaux mots qui me donnent des idées"

En parlant de mon projet, en l’expliquant, à des personnes différentes (y compris des personnes pas du tout graphistes ni communicantes), ça me donne des pistes. Parce que de l’expliquer je trouve des nouveaux mots qui me donnent des idées, et parce que les questions, réactions et idées des gens me font voir d’autres angles.

Linda Laffourcade, graphiste-ergonome
www.lila-disseny.com

IDÉE #9

Rêvasser

Rêvasser est une agréable manière de faciliter la phase d’incubation créative. Les neuroscientifiques présupposent que, pendant cette phase, le cerveau réalise inconsciemment des associations d’idées et les trie. 

« Rêvasser donne accès à un réservoir d’images et d’idées que l’on peut difficilement atteindre lorsqu’on est en état d’éveil »

— Michèle Freud, sophrologue et psychothérapeute

Quand tu rêvasses, ton cerveau passe facilement et rapidement d’une idée à une autre… c’est parfait : ta créativité est au taquet !

Mais attention, passer du coq à l’âne peut aussi te faire perdre tes bonnes idées en cours de route : une nouvelle bonne idée chassant la précédente… L’idéal est donc d’avoir toujours avec toi de quoi noter, comme ça tu pourras poursuivre tes rêveries sans craindre de perdre tes idées !

 

IDÉE #10

Faire appel à un héros

Ce petit exercice ludique est idéal pour relancer ta créativité. 

 

C’est une sorte de jeu de rôles : l’idée c’est de te glisser dans la peau de quelqu’un que tu trouves particulièrement créatif et ingénieux, et d’imaginer la réponse qu’il ferait s’il était à ta place, face à ce brief, ce projet, ce client…

 

Tu peux choisir un personnage fictif ou réel, Picasso ou La Reine des Neiges, Pierre di Sciullo ou l’inspecteur Gadget… ton héros te permettra d’aborder le brief sous un nouvel angle ! 

 

Tu peux par exemple te poser ce genre de questions :

  • Quel symbole utiliserait Andy Warhol pour faire passer ce message ?
  • Quelle idée révolutionnaire pourrait avoir Steve Jobs pour épater le client lors de la présentation de ce projet ?
  • Quelles astuces élaborerait l’inspecteur Gadget pour améliorer l’expérience utilisateur sur ce site ?
  • Quelle stratégie Seth Godin mettrait-il en place pour que ces propositions sortent du lot et que le projet soit vraiment « remarquable » ?

Car c’est exactement ce dont tu as besoin pour susciter ta créativité : changer de point de vue !
(et emprunter au passage les compétences extraordinaires de tes héros^^)

 

 

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"…expliquer le cheminement intellectuel avec des mots simples, à tes enfants"

J’essaie de changer de perspective !
Soit « physiquement » : je me souviens, quand j’étais salariée, j’aimais bien me percher assise sur les armoires de rangement (pas des armoires de 2m hein, mais genre 1m de haut) pour brainstormer et trouver des nouvelles idées c’était top …faut que je trouve une armoire chez moi ! ! !
Soit « mentalement », en me disant : “et si tu reprenais de 0 ? Genre tu dois expliquer le cheminement intellectuel que tu fais, avec des mots simples, à tes enfants…” pareil ça va me faire voir le truc d’un autre point de vue, et libérer ma créativité !

Linda Laffourcade, graphiste-ergonome
www.lila-disseny.com

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" Sortir de la fameuse boite et trouver un autre angle"

Je me demande « comment le voir différemment ?” Sortir de la fameuse boite et trouver un autre angle. Parfois, ça ne marche pas, mais au moins, je n’ai pas pensé à ma page blanche !

Raphaëlle Roux, graphiste-monteuse-illustratrice-webdesigneuse
sweetberry.fr

BONUS

Être créatif ( !)…

Sois créatif dans le choix de ta solution pour cultiver ta créativité, justement ! Après tout, tant que tu trouves ce qui te convient, à toi, c’est l’essentiel ! 

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" J'étale les flyers au sol pour trouver des idées"

Dès que je vais dans des lieux culturels (musées, cafés, concerts, salles d’expositions) je prends des flyers, brochures et magazines qui m’inspirent et les garde précieusement dans des boîtes. Mon bureau est rempli de ces boîtes. Lorsque l’inspiration n’est pas au RDV je les ouvre et étale les flyers au sol pour trouver des idées.

Julie LostanlenLost Graphic Design
julie-graphiste.com

Partage-nous en commentaires ci-dessous tes astuces les plus farfelues (et efficaces !) pour booster ta créativité et faire la peau à la page blanche !

 

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